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Chaudière gaz interdite dans le neuf à partir de 2027 :
quel impact sur le budget de votre future maison ?
Chaudière gaz interdite dans le neuf à partir de 2027 : quel impact sur le budget de votre future maison ?
16 Octobre 2026

Chaudière gaz interdite dans le neuf à partir de 2027 : quel impact sur le budget de votre future maison ?

Un nouveau décret, le n°2026-863 du 12 septembre 2026, change en profondeur le chauffage des constructions neuves. À partir du 1er janvier 2027, un seuil d’émissions de CO2 fixé à 79 gCO2/kWh d’énergie finale écarte pratiquement les chaudières gaz dans le neuf.

Si vous prévoyez de construire une maison ou un logement neuf, cette règle va peser directement sur le choix de votre système de chauffage, donc sur le coût de votre projet et sur vos dépenses d’énergie futures. Voici ce que cela signifie concrètement pour votre budget.

Ce que dit le décret n°2026-863 sur les chaudières gaz dans le neuf

Le décret n°2026-863, pris pour application de l’article L.171-1 du code de la construction et de l’habitation, fixe des exigences de performance environnementale pour l’installation des équipements de :

  • chauffage,
  • refroidissement,
  • production d’eau chaude sanitaire (ECS).

Il s’applique aux constructions de bâtiments ou parties de bâtiments neuves, dans le cadre de la réglementation environnementale RE2020.

Point clé pour votre projet : l’équipement installé doit respecter un résultat maximal de 79 grammes équivalent CO2 par kilowattheure d’énergie finale en PCI. Ce seuil a pour effet d’écarter, dans les constructions neuves, les chaudières fonctionnant aux énergies fossiles, y compris le gaz, même en système hybride ou en simple appoint.

Qui est concerné et à partir de quand pour un projet de construction ?

Le décret prévoit un calendrier progressif d’application, selon le type de bâtiment et le maître d’ouvrage (celui qui porte le projet de construction) :

  • À partir du 1er janvier 2027 : les constructions de bâtiments ou parties de bâtiments à usage d’habitation qui font l’objet d’une demande de permis de construire ou d’une déclaration préalable déposée à compter de cette date.
  • À partir du 1er janvier 2028 : les constructions sous maîtrise d’ouvrage d’un organisme public (au sens de l’article L.235-1 du code de l’énergie).
  • À partir du 1er janvier 2030 : tous les autres bâtiments, pour les demandes de permis de construire ou déclarations préalables déposées à compter de cette date.

En pratique, si vous déposez un permis de construire pour une maison neuve à usage d’habitation à partir du 1er janvier 2027, le seuil de 79 gCO2/kWh s’appliquera au système de chauffage et d’eau chaude sanitaire prévu dans votre projet.

Peut-on encore installer une chaudière gaz dans un logement neuf à partir de 2027 ?

Dans la grande majorité des cas, le texte empêche l’installation, dans une construction neuve, des chaudières à gaz et, plus largement, des chaudières fonctionnant aux énergies fossiles, systèmes hybrides inclus.

Le décret prévoit toutefois des exceptions ciblées :

  • Équipements de secours : le seuil de 79 gCO2/kWh ne s’applique pas aux systèmes utilisés uniquement en secours.
  • Réseaux de chaleur ou de froid : les équipements de raccordement à un réseau de chaleur ou de froid ne sont pas soumis à ce seuil.
  • Certaines extensions de bâtiments : dans des cas précis, détaillés plus bas, les extensions peuvent bénéficier de dérogations.

Pour un particulier qui construit une maison neuve classique, ces exceptions restent limitées. La logique du texte est de sortir les énergies fossiles du neuf, conformément à la directive (UE) 2024/1275 sur la performance énergétique des bâtiments et au plan d’électrification.

Impact budgétaire pour un particulier qui construit un logement neuf

Le décret ne donne pas de prix de systèmes de chauffage, mais il fixe un cadre qui a plusieurs conséquences financières pour vous :

Un choix d’équipement recentré sur des solutions bas carbone

Comme les chaudières gaz ne respectent pas le seuil de 79 gCO2/kWh dans le neuf, vous devrez vous tourner vers des systèmes qui l’atteignent, par exemple des équipements électriques performants ou raccordés à un réseau de chaleur conforme au texte.

En règle générale, ces solutions peuvent représenter :

  • un investissement initial potentiellement plus élevé que certaines chaudières gaz, selon le type de système retenu,
  • mais une facture énergétique plus maîtrisée à long terme si le système est bien dimensionné et le logement bien isolé.

Le décret ne détaille pas les aides financières (type MaPrimeRénov', certificats d’économies d’énergie, éco-prêt à taux zéro), il ne faut donc pas les déduire automatiquement de votre budget à partir de ce texte seul. Elles peuvent exister par ailleurs, mais elles ne sont pas décrites ici.

Un risque de surcoût si vous aviez prévu du gaz

Si votre projet initial reposait sur une chaudière gaz dans une maison neuve dont le permis sera déposé après le 1er janvier 2027, il faudra revoir le système de chauffage pour respecter le décret. Cela peut :

  • entraîner un ajustement du budget travaux (équipement différent, adaptation de l’installation),
  • nécessiter une révision de votre plan de financement si le coût de l’équipement retenu est plus élevé que celui d’une chaudière gaz.

En contrepartie, le fait de respecter un seuil bas d’émissions de CO2 va généralement de pair avec des systèmes plus performants sur le plan énergétique, ce qui peut limiter vos dépenses de chauffage sur la durée d’occupation du logement.

Dérogations pour extensions de bâtiments et rôle de l’audit énergétique

Le décret prévoit des cas particuliers pour les extensions de bâtiments.

La disposition relative au seuil de 79 gCO2/kWh ne s’applique pas :

  • en cas de non-conformité à des servitudes ou aux dispositions législatives ou réglementaires relatives au droit des sols ou au droit de propriété,
  • lorsque les travaux d’extension n’incluent pas l’installation d’un nouvel équipement de chauffage, de refroidissement ou de production d’ECS et que la surface de l’extension est :
    • inférieure à 150 m², ou
    • inférieure à 30 % de la surface du bâtiment existant.

Pour justifier une dérogation, le maître d’ouvrage doit disposer d’une note établie :

  • par un professionnel de l’installation des dispositifs de chauffage, ou
  • par un professionnel qualifié pour la réalisation de l’audit énergétique.

Cette note doit être conservée pendant toute la durée de vie de l’équipement. Pour vous, cela représente un coût d’étude ou d’audit supplémentaire éventuel, à intégrer dans le budget de votre extension si vous envisagez de vous placer dans un cas de dérogation.

Comment sécuriser le budget de votre projet face à ce nouveau cadre ?

À partir du 1er janvier 2027, la question n’est plus simplement de savoir si vous « pouvez » installer une chaudière gaz dans un logement neuf, mais si votre projet respecte le seuil de 79 gCO2/kWh fixé par le décret n°2026-863.

Pour maîtriser votre budget :

  • vérifiez la date de dépôt
  • intégrez dès la conception un système de chauffage compatible avec le seuil de 79 gCO2/kWh, pour éviter des modifications coûteuses en cours de route,
  • en cas d’extension, anticipez le coût éventuel d’une note d’audit énergétique

Un audit énergétique (étude détaillée des performances et besoins énergétiques de votre bâtiment) réalisé par un professionnel qualifié, comme ceux habilités pour l’audit requis lors d’une vente ou pour l’accès à certaines aides à la rénovation, peut vous aider à choisir un système conforme au décret et cohérent avec votre budget global.

Simon Granat, diagnostiqueur immobilier, peut vous accompagner pour comprendre comment ce nouveau cadre réglementaire s’articule avec vos diagnostics (DPE, audit énergétique) et pour éclairer l’impact de vos choix de chauffage sur la performance et la valeur de votre futur bien.